lundi 9 juillet 2012







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   Je me lève à sept heures du matin, comme chaque jour. Je suis toujours en forme, car dormir douze heures, c'est vraiment relaxant et réparateur. Je m'habille de ma combinaison que j'avais déposée la veille dans le tube, et je pris mon injection. Il n'y avait pas de bruits. Soit mes parents étaient déjà partis, soit...
  Je me lave le visage, puis saute dans la capsule qui m'attend devant les baies vitrées de ma chambre. Les lumières s'éteignent automatiquement derrière mon passage. La ville est toute calme. C'est à croire qu'il n'y a personne. Pourtant, il y a des millions de petites capsules comme la mienne qui vole jusqu'à leur point d'arrivée. Tout est ordonné, il n'y a pas d'embouteillages, de collisions et ma capsule  me dépose devant l'ascenseur qui me dépose comme hier devant ma salle de classe. C'est une pièce immense qui peut bien contenir une centaine d'élèves. Il y a des tables individuelles pour chacun et un scanner qui leur sert à scanner leur bracelet qui transmet les informations que chaque élève doit lire et qui sont projetées devant eux comme un hologramme, ou sur une petite tablette qu'ils tiennent comme un livre.
   Je m'assis à ma table habituelle, la dix-septième du dernier rang en partant de la gauche. À côté de moi, je ne sais pas qui c’est. Je n'ai jamais tourné la tête pour demander leurs noms. Je ne leur ai jamais adressé des paroles. Je n'ai pas le temps. Enfin, si, peut être une fraction de seconde, mais cela voudrai dire que je finirai une fraction de seconde en retard que les autres. Mais la tentation de changer un peu ma vie était comme un rêve inaccessible mais pourtant à porter de main... Changer ma vie monotone, changer la vie d'une personne ordinaire.
   Petit picotement au niveau du poignet. Comme d'habitude.

   Je regarde mon poignet, vérifiant mon emploi du temps qui est le même depuis treize ans. Je vis le programme d'histoire que je dois étudier pour aujourd'hui, celui de science, technologie et magie. Pas de changements. Dans quatre heures, je recevrai une seringue qui m'est destinée, et j'étudierai encore quatre heures. Ensuite je rentrerai et... attendez! J'étais convoquée au bureau de la directrice avec mes parents! Je mis plusieurs minutes à assimiler l'information. Pour moi, c'est un vrai choc: un bouleversement de mes habitudes... Et j'allai rencontrer mes parents! Pour la deuxième fois dans ma vie: la première à ma naissance -je crois, car le reste de mes jours jusqu'à que j'ai su marcher, je les ai passé dans un centre de maternité immense.
  Je me souviens de femmes-robots, les hybrides, qui s'occupaient de moi et de millier d'autres enfants comme moi. La particularité des choses avec les hybrides c'est qu’ils ne se fatiguent jamais. C'est une invention ressente réalisé avec la collaboration de plusieurs scientifiques, techniciens -etc...- de plusieurs planètes. L'idée vient d'un ancien Japonais, mais vu qu'à cause des déplacements des continents, il ne reste aujourd'hui plus que l'ancienne Amérique et l'Antarctique qui ne tarderons pas à se coller à l'immense territoire que forment  les anciennes Europe, Asie, Afrique et Océanie. Il y a aussi l'Atlantide mais elle est sous le peu d'eau marine qu'il nous reste. Je n'ai pas beaucoup d'informations sur l'Atlantide. Elle a été découverte vers la fin du milieu du 3e Millénaire, par un marin ordinaire. Le Peuple de l'Eau connaissait déjà notre existence  il y a des milliers d'années, car ils s'étaient exilés des humains qu'ils trouvaient trop stupides et cruels. C'est vrai que qu'à l'époque, notre cerveau n'était pas très développé, ainsi que notre moral. Je me demande comment mes ancêtres -lointains, certes- avaient une intelligence aussi sous développée et une obstination à vouer un culte plus ou moins douteux à un dieu ou déesse qui selon eux, les avait créé, la Terre, les humains et le Monde, et si leurs voisins ne vénéraient pas leur dieu, ils les obligeaient ou les tuaient, de façon plus ou moins immonde. Surtout que certains d'entre eux se servaient des autres en prétendant qu'une personne innocente était plongée jusqu'au cou dans le mal. Jolie façon de se débarrasser de quelqu'un que l’on n’apprécie guère. C'est comme ça que mes ancêtres ont eu un peu de mal plus tard avec les préjugés, les différences, le racisme. Après, ça c'est adouci.
   Ne voulant pas avoir du retard sur mon programme de la journée, j'essaie d'oublier un peu cette surprenante nouvelle et lis mon cours -histoire. C'est très important pour la population de connaître  notre passé, pour faire en sorte de ne pas répéter les erreurs commises et de ne pas rester ignorant(e).
   Quatre heures plus tard, je suis interrompue par ma lecture par un plateau où repose une petite seringue que j'attrape précautionneusement et j'attends le petit voyant vert pour que je puisse me l'administrer. La petite lumière fluorescente indique si la seringue a bien été remise à son propriétaire et le bracelet le scanne pour vérifier si celle si est bien propre et ne contient pas de défaut nuisibles pour la santé -du propriétaire, bien entendu.
   Après ce « repas », je me demande comment mes vieux ancêtres faisaient pour manger tous ces aliments si gras et mauvais pour le corps. Mais en même temps, je suis habituée -comme tous ceux qui m'entoure- de ce produit de consommation, alors c'est normal que je n'arrive pas à imaginer quoi que ce soit de différent à ma vie. Je n'ai pas le temps pour ça. Personne n'en a. Non que l'on vit dans l'angoisse de la mort ou de ne pas respecter son emploi du temps; c'est tout le contraire. C'est une règle fondamentale, un principe tellement important. Avant, il n'y avait pas assez de temps de vie aux malades. Pas assez de temps pour accomplir certaines choses, importantes ou non. Pas assez de temps pour se faire pardonner. Pour vivre. Pour mourir. C'était avant, tout ça. Il n'y a aujourd'hui plus de problème avec la santé, le temps indiqué pour accomplir des tâches, le temps pour vivre, le temps pour mourir. Par contre, je pense que nos activités sont simples pour ne pas nous faire perdre de temps sur des remords ou autres sentiments contradictoires qui nuiraient à l'accomplissement de nos tâches et empêcheraient de bien travailler sur un projet en tourmentant la tête de façon inutile.
   Je pense. Mais je n'ai pas le droit de penser à se genre de choses. Ce n'est pas bien pour moi, je m'encombre de pensées inutiles. C'est la preuve de la petite sensation d'engourdissement au poignet, que je suis habituée que je ne ressens plus rien à présent. Je sombre dans l'inconscience. C'est étrange, la dose est plus forte que d'habitude... Je me sens attirée par un trou noir. Au fond, c'est presque apaisant, de ne plus obéir aux habitudes, d'être libérée des chaines qui me retiennent de mes réflexions, c'est soulageant.
   Je me laisse emportée par une grande vague qui m'entraîne, loin de moi, loin de tout.

mardi 26 juin 2012



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  Je lis calmement mon cours d'histoire qui n'était, avouons-le, pas très intéressant. Il parlait du 3e Millénaire. Personne ne parlait. D'ailleurs, personne ne parlait jamais. Ce serait une perte de temps. Personne ne veut et ne peut perdre sont temps. Depuis notre naissance, on sait déjà la durée de vie que l'on va vivre, notre emplois du temps est gravé dans un petit bracelet autour de notre poignet qui nous indique tous ce qu'on a besoin de savoir. La technologie a bien progressé, depuis le millénaire dernier.
   Je me lève en même temps que tous les autres élèves de ma classe, et me dirige vers la sortie, selon un ordre très précis. Personne ne parle. Tout se fait dans un calme parfait. Personne n'a le temps de bavarder. Selon mon cours d'histoire projeté par mon bracelet autour de mon poignet droit, la vie d'autrefois était très différente de la mienne. Les gens habitaient dans des maisons individuelles et allaient à leur travail dans de petites boîtes métalliques qui roulaient et polluaient beaucoup. Ils allaient au restaurant pour manger des aliments gras et mauvais pour la santé. Il paraît qu'il y avait de la neige quand il faisait froid. Je ne sais pas se qu'est la neige. Il paraît que c'est blanc. Maintenant, la température était stable entre vingt et vingt-cinq degrés Celsius partout dans le monde.
   Je prends l'ascenseur qui me mène vers une sorte de petite capsule individuelle qui me transporte automatiquement chez moi. J'habite au deux cents quatre-vingt-cinquièmes étages d'un immeuble comme les autres. La petite capsule me dépose devant une des baies vitrées de ma chambre. Je descends de mon engin, qui tangue un peu quand je pose mon pied au sol. Je suis habituée, maintenant.
   Il n'y a personne dans l'appartement. Mes parents travaillent. Sur Terre, chaque personne gagne le même salaire pour subvenir à nos besoins. Certaines personnes gagnes plus que les autres, mais le résultat est le même: personnes n'est pauvres. Je ne sais pas se que font mes parents. Je n'ai pas le temps de me poser ce genre de questions: à quoi cela me mènerai ? Et puis, de toute façon, le bracelet autour de mon poignet me piquera en m'administrant une sorte de somnifère très léger qui endormira la minuscule partie de mon cerveau qui m'a fait pensé à cette question pendant quelques minutes, le temps que j'oublie cette petite pensée qui m'a traversé l'esprit.
   Je me dirige vers la douche comme je le fais tous les soirs, à 17h52. Je me débarrasse de mes vêtements qui constituent à une sorte de combinaison moulante qui s'adapte automatiquement à la forme de mon corps. Si jamais je me blesse, elle détecte ma blessure qu'elle soigne en appliquant un baume spécial pour toutes sortes de blessures et fait en sorte que ma blessure ne me dérange pas. La combinaison est imperméable et résiste au feu. Je l'entrepose dans un grand tube et me glisse dans une grande cabine spacieuse. Automatiquement, un jet d'eau m'asperge la figure d'une eau tiède qui me détend les muscles. J'aurai aimé rester plus longtemps, mais j'ai un emploi du temps à respecter. Je me fais aspergée d'un liquide qui m'enveloppe de tout mon corps comme un cocon. Le produit à un léger parfum de fleurs, enfin, je pense. Je n'en ai vu que dans mon manuel d'histoire. Il paraît qu'au 3e Millénaire, il y avait plein de fleurs qui parsemaient les champs. Le liquide appelé le Spray avait pour but d'enlever toutes infections et microbes que je porte, laissant seulement ceux qui étaient indispensable pour mon corps. Il enlevait aussi les saletés et les poussières. Ma combinaison était aussi débarrassée des saletés de la journée, car le tube s'occupait de la plonger dans le même liquide que le Spray.
   Je lisse mes cheveux noirs en attendant que le voyant vert clignote, m'informant que le Spray avait fini de me laver et que je peux sortir. En sortant, je récupère ma combinaison qui a fini d'être désinfectée en même temps que moi et je me dirige dans ma chambre. Ce n'est pas la chambre d'un adolescent du début du 3e Millénaire. Dans la mienne, elle est parfaitement rangée. En fait, elle ne contient qu'une couchette où une petite machine à côté de moi s'assure de mon sommeil: il est impératif que je dorme mes dix heures.
   Je crois que j'ai un frère et une sœur. Je crois. Je ne les vois jamais. J'en ai le soupçon car il y a plusieurs chambres et cabines de douches dans mon appartement. Je connais par contre le visage de ma mère et de mon père, car dans mon bracelet, il y a une image d'eux qui indique qu'ils sont mes parents. Je ne sais pas si je leur ressemble. Il n'y a pas de miroir ici. Les gens n'ont pas le temps de se contempler dans un miroir. Ce n'est pas dans leur emploi du temps.
   Je sais lire, ça, c'est sur. Je ne sais pas si je sais parler. Personne ne m'a jamais adressé la parole. De nos jours, il n'y a plus d'enseignants qui interrogent les élèves pour vérifier s’ils ont appris leurs leçons. Il n'y a plus d'enseignant du tout: le bracelet fais l'affaire. Pourtant, chaque jour, je suis obligée d'aller dans une très grande tour pour étudier et apprendre nos cours d'histoire, science et technologie. Les cours de langues étrangères n'existent plus depuis fort longtemps, depuis qu'il y a le Traducteur Universelle, qui traduit toutes sortes de langues et qui prend la même voix que l'orateur. Il traduit même les langues des autres planètes, comme Lothix.
  « Ai-je déjà sorti un son de ma bouche ?»,  pensai-je.
  Je ressens soudainement une petite piqure au niveau de mon poignet droit: mon bracelet m'a administré un somnifère mélangé à un relaxant. Je me détends, oubliant ma question. Quand je rouvre mes yeux, je regarde l'heure: 18h05. Il est temps de faire ma balade du soir.
  Je sors par la baie vitrée de ma chambre et je me laisse tomber jusqu'à l'une des nombreuses passerelles qui s'entrecroisent, permettant d'accéder à tous les immeubles. Je fais une chute de vingt mètres mais j'atterris en douceur par un fonctionnement étrange que je n'ai pas compris le système. Un mélange technologique et magique.
   La ville dans laquelle je vis depuis longtemps, a été construite sur les vestiges de la ville de Paris, l'ancienne capitale de la France. Il y a six cents ans, nous les humains avons découvert plusieurs planètes. Panthadehm fut la première, une planète plus petite et plus avancée que nous en matière technologique et magique. Les habitants étaient les Panthadehiens, ils possèdent d'étranges ailes dans leurs dos. La Terre sympathisa rapidement avec eux et monta un commerce international. Après la découverte des Panthadehiens et de leur planète, nous découvrîmes plusieurs autres planètes comme Outhamen, Tiranem, Kouls et Lothix avec qui nous fîmes commerce. De tous les habitants, les Lothix étaient les plus semblables à nous, les Terriens -selon mon « livre » d'histoire. Mais un jour, une planète inconnue nous livra une guerre sanglante et désastreuse qui dura plusieurs années. Plusieurs villes furent rasées, comme Paris, mais grâce à une alliance entre tous les pays et planètes, mes ancêtres repoussèrent l'envahisseur. Après ce désastre, tous les pays décidèrent de s'unir, formant un seul et unique continents. Ils oublièrent leurs rancunes du passé et se mirent construire de nouvelles villes, comme celle-ci. Ils unirent leurs scientifiques et leurs connaissances magiques pour former un empire puissant. Pour loger tout le monde, ils construisirent de grand immeuble comme le mien, de deux à trois cents étages. Il n'y avait qu'une seule école, accueillant des millions d'enfants de mon âge et des milliards plus âgés ou plus jeunes. Ils découvrirent comment calculer notre espérance de vie. Ils donnèrent un foyer à chaque habitant sur Terre. Tout ça, en s'unissant. Ils formèrent L'Empire de L 'Aube.
   Je marche sur le chemin qui s'élève au-dessus des nuages. Il y a un procédé magique qui me permet de respirer dans une altitude aussi élevé. Depuis longtemps, on a découvert la magie. Depuis le Moyen Âge, c'est-à-dire le 1e Millénaire. Pourtant, les pratiquants se faisaient brûler pour une simple question de religion. C'est vrai, le diable existe, mais sous une forme bien différente que l'ont pense. Les anges aussi, ils existent. C'est les Panthadehiens, avec leurs ailes duveteuses dans leur dos. Ils sont très beaux et très gentils. D'après mon bracelet.
  Je regarde les nuages où j'aperçois quelques fois des formes volantes. Je n'ai jamais rencontré d'anges -ou de Pantadehiens, mais chaque jour en passant au-dessus des nuages et en apercevant les formes ailées au loin, je garde espoir que j'en rencontrerai un, un jour. Pour pouvoir parler pour la première fois de ma vie.
  Un petit picotement au niveau du poignet me retire de ma rêverie. Je soupire. Il est temps de rentrer à la maison.
  Au retour, je me propulse jusqu'à ma fenêtre par un courant d'air venu de nul par. Un procédé magique, sans doute. Je regarde l'heure sur une des nombreuses horloges de l'appartement qui se trouvent dans chaque pièce. Il est l'heure d'écouter les informations. C'est toujours le même style d'informations: des découvertes, des recherches, des résultats, de la politique. Il n'y a jamais de sujet portant sur la guerre. Les gens n'ont pas leurs temps à perdre en s'entretuant.
   À la fin des informations, je me dirige vers la cuisine. Il est 19h. Je sors une seringue qui contient une sorte de liquide transparent un peu pâteux et je l'injecte dans mon bracelet. Mon bracelet est une partie de moi ; il n'est ni vivant, ni mécanique. Le produit injecté dans mon bracelet remplace la nourriture. Il est calculé selon mon âge, ma taille, mon poids, mon état de santé etc... . Après ce … repas, je rentre dans ma chambre et je me couche à 19h30, le temps de brancher la petite machine à mon poignet. Je me sens tout de suite prise dans un sommeil sans rêve et profond. Comme chaque jour.
   Comme chaque soir.
   Demain, se sera un jour un peu comme les autres. Il sera juste un peu  différent, car aux informations, la présentatrice annoncera que l'on fêtera la nouvelle année, l'an 3150.