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Je lis calmement mon cours d'histoire
qui n'était, avouons-le, pas très intéressant. Il parlait du 3e Millénaire.
Personne ne parlait. D'ailleurs, personne ne parlait jamais. Ce serait une
perte de temps. Personne ne veut et ne peut perdre sont temps. Depuis notre
naissance, on sait déjà la durée de vie que l'on va vivre, notre emplois du
temps est gravé dans un petit bracelet autour de notre poignet qui nous indique
tous ce qu'on a besoin de savoir. La technologie a bien progressé, depuis le
millénaire dernier.
Je me lève en même temps que tous les autres élèves de ma classe, et me
dirige vers la sortie, selon un ordre très précis. Personne ne parle. Tout se
fait dans un calme parfait. Personne n'a le temps de bavarder. Selon mon cours
d'histoire projeté par mon bracelet autour de mon poignet droit, la vie
d'autrefois était très différente de la mienne. Les gens habitaient dans des
maisons individuelles et allaient à leur travail dans de petites boîtes
métalliques qui roulaient et polluaient beaucoup. Ils allaient au restaurant
pour manger des aliments gras et mauvais pour la santé. Il paraît qu'il y avait
de la neige quand il faisait froid. Je ne sais pas se qu'est la neige. Il
paraît que c'est blanc. Maintenant, la température était stable entre vingt et
vingt-cinq degrés Celsius partout dans le monde.
Je prends l'ascenseur qui me mène vers une sorte de petite capsule
individuelle qui me transporte automatiquement chez moi. J'habite au deux
cents quatre-vingt-cinquièmes étages d'un immeuble comme les autres. La petite
capsule me dépose devant une des baies vitrées de ma chambre. Je descends de
mon engin, qui tangue un peu quand je pose mon pied au sol. Je suis habituée,
maintenant.
Il n'y a personne dans l'appartement. Mes parents travaillent. Sur
Terre, chaque personne gagne le même salaire pour subvenir à nos besoins.
Certaines personnes gagnes plus que les autres, mais le résultat est le même:
personnes n'est pauvres. Je ne sais pas se que font mes parents. Je n'ai pas le
temps de me poser ce genre de questions: à quoi cela me mènerai ? Et puis, de
toute façon, le bracelet autour de mon poignet me piquera en m'administrant une
sorte de somnifère très léger qui endormira la minuscule partie de mon cerveau
qui m'a fait pensé à cette question pendant quelques minutes, le temps que
j'oublie cette petite pensée qui m'a traversé l'esprit.
Je me dirige vers la douche comme je le fais tous les soirs, à 17h52. Je
me débarrasse de mes vêtements qui constituent à une sorte de combinaison moulante
qui s'adapte automatiquement à la forme de mon corps. Si jamais je me blesse,
elle détecte ma blessure qu'elle soigne en appliquant un baume spécial pour
toutes sortes de blessures et fait en sorte que ma blessure ne me dérange pas.
La combinaison est imperméable et résiste au feu. Je l'entrepose dans un grand
tube et me glisse dans une grande cabine spacieuse. Automatiquement, un jet
d'eau m'asperge la figure d'une eau tiède qui me détend les muscles. J'aurai
aimé rester plus longtemps, mais j'ai un emploi du temps à respecter. Je me
fais aspergée d'un liquide qui m'enveloppe de tout mon corps comme un cocon. Le
produit à un léger parfum de fleurs, enfin, je pense. Je n'en ai vu que dans
mon manuel d'histoire. Il paraît qu'au 3e Millénaire, il y avait plein de
fleurs qui parsemaient les champs. Le liquide appelé le Spray avait pour but
d'enlever toutes infections et microbes que je porte, laissant seulement ceux
qui étaient indispensable pour mon corps. Il enlevait aussi les saletés et les
poussières. Ma combinaison était aussi débarrassée des saletés de la journée,
car le tube s'occupait de la plonger dans le même liquide que le Spray.
Je lisse mes cheveux noirs en attendant que le voyant vert clignote,
m'informant que le Spray avait fini de me laver et que je peux sortir. En
sortant, je récupère ma combinaison qui a fini d'être désinfectée en même temps
que moi et je me dirige dans ma chambre. Ce n'est pas la chambre d'un
adolescent du début du 3e Millénaire. Dans la mienne, elle est parfaitement rangée.
En fait, elle ne contient qu'une couchette où une petite machine à côté de moi
s'assure de mon sommeil: il est impératif que je dorme mes dix heures.
Je crois que j'ai un frère et une sœur. Je crois. Je ne les vois jamais.
J'en ai le soupçon car il y a plusieurs chambres et cabines de douches dans mon
appartement. Je connais par contre le visage de ma mère et de mon père, car
dans mon bracelet, il y a une image d'eux qui indique qu'ils sont mes parents.
Je ne sais pas si je leur ressemble. Il n'y a pas de miroir ici. Les gens n'ont
pas le temps de se contempler dans un miroir. Ce n'est pas dans leur emploi du
temps.
Je sais lire, ça, c'est sur. Je ne sais pas si je sais parler. Personne
ne m'a jamais adressé la parole. De nos jours, il n'y a plus d'enseignants qui
interrogent les élèves pour vérifier s’ils ont appris leurs leçons. Il n'y a
plus d'enseignant du tout: le bracelet fais l'affaire. Pourtant, chaque jour,
je suis obligée d'aller dans une très grande tour pour étudier et apprendre nos
cours d'histoire, science et technologie. Les cours de langues étrangères
n'existent plus depuis fort longtemps, depuis qu'il y a le Traducteur Universelle, qui
traduit toutes sortes de langues et qui prend la même voix que l'orateur. Il
traduit même les langues des autres planètes, comme Lothix.
« Ai-je déjà sorti un son de ma
bouche ?», pensai-je.
Je ressens soudainement une petite piqure au niveau de mon poignet
droit: mon bracelet m'a administré un somnifère mélangé à un relaxant. Je me
détends, oubliant ma question. Quand je rouvre mes yeux, je regarde l'heure:
18h05. Il est temps de faire ma balade du soir.
Je sors par la baie vitrée de ma chambre et je me laisse tomber jusqu'à
l'une des nombreuses passerelles qui s'entrecroisent, permettant d'accéder à
tous les immeubles. Je fais une chute de vingt mètres mais j'atterris en
douceur par un fonctionnement étrange que je n'ai pas compris le système. Un
mélange technologique et magique.
La ville dans laquelle je vis depuis longtemps, a été construite sur les vestiges de la ville de Paris,
l'ancienne capitale de la France. Il y a six cents ans, nous les humains avons
découvert plusieurs planètes. Panthadehm fut la première, une planète plus
petite et plus avancée que nous en matière technologique et magique. Les
habitants étaient les Panthadehiens, ils possèdent d'étranges ailes dans leurs
dos. La Terre sympathisa rapidement avec eux et monta un commerce
international. Après la découverte des Panthadehiens et de leur planète, nous découvrîmes
plusieurs autres planètes comme Outhamen, Tiranem, Kouls et Lothix avec qui
nous fîmes commerce. De tous les habitants, les Lothix étaient les plus
semblables à nous, les Terriens -selon mon « livre » d'histoire. Mais
un jour, une planète inconnue nous livra une guerre sanglante et désastreuse
qui dura plusieurs années. Plusieurs villes furent rasées, comme Paris, mais
grâce à une alliance entre tous les pays et planètes, mes ancêtres repoussèrent
l'envahisseur. Après ce désastre, tous les pays décidèrent de s'unir, formant
un seul et unique continents. Ils oublièrent leurs rancunes du passé et se
mirent construire de nouvelles villes, comme celle-ci. Ils unirent leurs
scientifiques et leurs connaissances magiques pour former un empire puissant. Pour
loger tout le monde, ils construisirent de grand immeuble comme le mien, de
deux à trois cents étages. Il n'y avait qu'une seule école, accueillant des
millions d'enfants de mon âge et des milliards plus âgés ou plus jeunes. Ils
découvrirent comment calculer notre espérance de vie. Ils donnèrent un foyer à
chaque habitant sur Terre. Tout ça, en s'unissant. Ils formèrent L'Empire de L
'Aube.
Je marche sur le chemin qui s'élève au-dessus des nuages. Il y a un
procédé magique qui me permet de respirer dans une altitude aussi élevé. Depuis
longtemps, on a découvert la magie. Depuis le Moyen Âge, c'est-à-dire le 1e
Millénaire. Pourtant, les pratiquants se faisaient brûler pour une simple
question de religion. C'est vrai, le diable existe, mais sous une forme bien
différente que l'ont pense. Les anges aussi, ils existent. C'est les
Panthadehiens, avec leurs ailes duveteuses dans leur dos. Ils sont très beaux
et très gentils. D'après mon bracelet.
Je regarde les nuages où j'aperçois quelques fois des formes volantes.
Je n'ai jamais rencontré d'anges -ou de Pantadehiens, mais chaque jour en
passant au-dessus des nuages et en apercevant les formes ailées au loin, je
garde espoir que j'en rencontrerai un, un jour. Pour pouvoir parler pour la
première fois de ma vie.
Un petit picotement au niveau du poignet me retire de ma rêverie. Je
soupire. Il est temps de rentrer à la maison.
Au retour, je me propulse jusqu'à ma fenêtre par un courant d'air venu
de nul par. Un procédé magique, sans doute. Je regarde l'heure sur une des
nombreuses horloges de l'appartement qui se trouvent dans chaque pièce. Il est
l'heure d'écouter les informations. C'est toujours le même style
d'informations: des découvertes, des recherches, des résultats, de la
politique. Il n'y a jamais de sujet portant sur la guerre. Les gens n'ont pas
leurs temps à perdre en s'entretuant.
À la fin des informations, je me dirige vers la cuisine. Il est 19h. Je
sors une seringue qui contient une sorte de liquide transparent un peu pâteux
et je l'injecte dans mon bracelet. Mon bracelet est une partie de moi ; il
n'est ni vivant, ni mécanique. Le produit injecté dans mon bracelet remplace la
nourriture. Il est calculé selon mon âge, ma taille, mon poids, mon état de
santé etc... . Après ce … repas, je rentre dans ma chambre et je me couche à
19h30, le temps de brancher la petite machine à mon poignet. Je me sens tout de
suite prise dans un sommeil sans rêve et profond. Comme chaque jour.
Comme chaque soir.
Demain, se sera un jour un peu comme les autres. Il sera juste un
peu différent, car aux informations, la
présentatrice annoncera que l'on fêtera la nouvelle année, l'an 3150.
La suite dans deux semaines :)
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